La broderie de Julie Le Messurier

Ce petit napperon est un objet émouvant : c’est le plus ancien témoignage  de foi, émanant d’une des premières protestantes du tout début du XIXe siècle en Basse-Bretagne, Julie Bethsy Le Messurier, âgée alors de 14 ans, qui résidait avec ses parents à Roscoff en 1821.

Le texte brodé est un célèbre poème de Joseph Addison, sous forme de paraphrase du psaume 23 :

The Lord my pasture shall prepare,
And feed me with a shepherd’s care
His presence shall my wants supply,
And guard me with a watchful eye.
My noonday walk he shall attend, 
And all my midnight hours defend.

(« Le Seigneur préparera mon pâturage, et me nourrira avec le soin d’un berger, Sa présence pourvoira à tous mes besoins, et me gardera d’un oeil vigilant. Il soutiendra ma marche de midi et défendra mes heures de la nuit »).

Ce poème a été mis en musique par Henry Carey en 1723 , puis par William Billings en 1794, et est devenu un cantique classique de l’Église d’Angleterre.

La famille Le Messurier était originaire de Guernesey, où elle avait vraisemblablement connu le Réveil méthodiste. Elle est recensée comme protestante en 1820 à Roscoff, où le père s’était établi comme tonnelier. La famille s’installa ensuite à Morlaix, et c’est dans leur maison que le missionnaire baptiste gallois John Jenkins célébra son premier culte en Bretagne en 1836. Deux dames Le Messurier furent les premières baptisées par immersion en Bretagne, en 1842.

D’après le correspondant qui m’a aimablement communiqué ce document, et qui est un descendant de la famille, Julia Bethsy Le Messurier serait la grand-tante de l’écrivain breton Charles Le Goffic.

Jean-Yves Carluer

 

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