Mme Hoops Johnson (1894-1983)

     Lorsqu’elle arrive en France le 4 août 1927 à l’appel d’une amie, Priscilla Hoops ne se doute pas qu’elle exercerait un ministère particulièrement marquant en Bretagne. Américaine, diplômée de l’Institut Moody, responsable des activités pour enfants d’une grande Église baptiste à Newark dans le New-Jersey, elle ressent un appel particulier pour s’occuper d’orphelins dans notre pays. Elle entend « vivre par la Foi » comme missionnaire. Après un court séjour près de Vichy, elle réussit à organiser un premier « home » pour enfants dans une villa qu’elle loue sur le littoral breton, au Palus, en Plouha, la Maison des roses. L’oeuvre qu’elle conduit avec l’aide de quelques amies s’agrandissant, elle s’établit ensuite en région parisienne, à Herblay puis Frépillon, avec plus de 20 enfants. Un collaborateur, originaire des Assemblées de Frères d’Écosse, Kenric Johnson, se joint au groupe. Il épouse Priscilla le 19 septembre 1931. Le home s’agrandit mais les finances peinent.

M. et Mme Johnson vers 1935.

M. et Mme Johnson vers 1935.

     L’exode de 1940 chasse Priscilla Hoops Johnson et les siens de nouveau vers la Bretagne. Ils prennent à Saint-Malo le dernier bateau pour l’Angleterre. Cinq ans plus tard, dès mai 1945, ils sont de retour en France. Le ministère de la santé leur propose de louer le château de Coatilliau, en Ploubezre. M. et Mme Johnson y sont en relation étroite avec les protestants locaux de Lannion, Trémel, Morlaix ou Saint-Brieuc. Le château abrite des cultes et accueille des camps de jeunes, la rivière voisine sert pour des baptêmes. Les enfants grandissent et s’envolent, d’autres arrivent. La santé de Kenric Johnson se dégrade progressivement. Il décède en 1951. Mais la solitude n’arrête pas Priscilla Hoops Johnson. Entourée d’amies fidèles et d’un couple britannique, John et Kathleen Morris, elle poursuit l’oeuvre. La maison est en relation étroite avec l’Institut biblique européen de Lamorlaye

La Maison Blanche

     Lorsque le bail de Coatilliau prend fin, Mme Johnson trouve le financement nécessaire à l’achat du château des Petits Moulinets, plus familièrement appelé la Maison Blanche, en Quévert, près de Dinan. Cette fois, l’adresse est définitive. Au cours des années, le domaine est restauré, aménagé et agrandi. Une chapelle neuve se dresse en 1969. 43 enfants sont présents en 1963.

Les premiers enfants à la Maison Blanche.Au premier plan, dans son fauteuil roulant, Joséphine Calabria, aide et collaboratrice...

Les premiers enfants à la Maison Blanche.Au premier plan, dans son fauteuil roulant, Joséphine Calabria, aide et collaboratrice…

     En ces années où le principe des orphelinats est progressivement abandonné car il n’est plus jugé socialement acceptable, la Maison Blanche se développe, alors que les oeuvres protestantes bretonnes, plus anciennes, de Trémel et de Paimpol ont dû se résigner à la fermeture. C’est que la vision sociale et missionnaire de Mme Johnson désarme la critique : les enfants forment une famille et beaucoup sont même légalement adoptés. Devenus parents à leur tour, ils reviennent régulièrement à la Maison Blanche. Plusieurs se joignent aux communautés protestantes de leur région. Ils sont aujourd’hui réunis en association. Entre 1955 et 1975 la Maison Blanche est une véritable ruche. Lieu de culte, elle sert aussi de base d’appui pour la mise en place des Églises du réseau évangélique FEF dans le nord de la Bretagne (Dinard, Saint-Lunaire, Dinan), en relation avec le pasteur pionnier Claude Broux. Quelques collaborateurs qui s’y sont rencontrés forment des couples pastoraux. Enfin, l’oeuvre de Mme Johnson essaime sous forme de futurs camps pour enfants sur le littoral. C’est à partir de l’un d’eux que Dimitri et Monique Kalioudjoglou fondent le Centre des Jeunes de Saint-Lunaire.

Mme Hoops Johnson, au soir de sa vie

Mme Hoops Johnson, au soir de sa vie

    En 1979, âgée de 80 ans, Mme Hoops Johnson confie la Maison Blanche à L’Alliance Chrétienne et Missionnaire comme maison d’accueil. La pionnière y décède en 1989. Depuis 1929, elle avait reçu plus de 200 enfants dans sa maison.

     J’ai personnellement connu, étant enfant, Mme Johnson. Il émanait d’elle un étonnant mélange de foi, d’autorité et de bonté qui m’ont impressionné.

     Priscilla Hoops-Johnson avait une triple nationalité : américaine par sa naissance, elle était devenue britannique par mariage et française par naturalisation. La République l’a faite chevalier de l’Ordre National du Mérite.

      Jean-Yves Carluer

 Pour en savoir plus, lire l’autobiographie de Mme Hoops Johnson, Les enfants de mon coeur, IMEAF, La Bégude de Mazenc, 1983. L’ouvrage, dont les illustrations ci-dessus sont extraites, s’ouvre sur une belle citation du livre de l’Exode 2, 9 : « Emporte-moi cet enfant, et allaite-le moi, et je te donnerai ton salaire… »

2 réponses à Mme Hoops Johnson (1894-1983)

  1. Tante (Priscilla Johnson) was a very special lady. We spent many summer and spring holidays with her at La Maison Blanche. There were always swarms of us children running around the house and playing on the big lawn at the front of the house. She loved and cared for every single one of the children who came under her loving auspices. As visitors we were placed at the ‘high table’ for meals and each one of us had to take turns waiting on the other diners.
    I will never forget Tante or the wonderful times we spent with her.
    Thank you Tante for putting up with us and our childish attempts at speaking French.

  2. Le goff dit :

    Bonjour ma famille à été élevé à la maison blanche et serait très contente de retrouver des enfants avec qui elles ont partagé de très bon moments Colette La touche Odette et Arlette pour leur plaisir merci

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