Jersey, les primeurs et les Bretons

L’Île de Jersey a toujours représenté une étape importante pour le protestantisme breton. La Mission Evangélique bretonne en fait un relais de son évangélisation en 1887.

http://protestantsbretons.fr/histoire/etudes/jersey-1887/

Jean-Yves Carluer

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2 réponses à Jersey, les primeurs et les Bretons

  1. CADOUELLAN dit :

    Je découvre par hasard l’article « La mission baptiste de Trémel s’étend -1
    La Bible en breton pour les saisonniers de Jersey »
    Je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Vous soulignez le rôle des Méthodistes de Jersey pour aider et soutenir matériellement et spirituellement les saisonniers bretons qui venaient dans l’Île chaque année. J’ai toujours constaté quand j’y étais le souci des chefs d’exploitations méthodistes de faire respecter le repos du dimanche par leurs ouvriers. Pendant la saison et » le travail à la tâche », j’estimais que c’était une attitude
    profondément humaine. Grâce en soit rendue au Seigneur!
    Pendant une dizaine d’années, de 1966 à 1975 ( avec une absence en 1973), je suis allé à Jersey pour assurer une présence chrétienne au milieu des saisonniers encore en majorité bretons. J’ai été accueilli par les prêtres OMI français de la paroisse Saint Thomas (17,rue Val Plaisant à Saint Hélier). Selon les années, je passais de 2 à 5 semaines à Jersey en juillet et août (en général de 3 à 4 semaines) pendant les vacances scolaires car j’étais professeur dans l’enseignement secondaire.
    Grâce aux prêtres oblats et aux Bretons qui étaient devenus « travailleurs libres », j’ai découvert la réalité très diverse de ses travailleurs et j’ai été proche d’eux. Les après-midi, je leur rendais visite sur leur lieu de travail à la tâche et les conversations étaient souvent profondes, au besoin, à certains « perdus dans leur chantier », un coup de main. J’ai découvert les situations parfois difficiles (des gens à l’aube de la retraite mis de côté en agriculture ou dans le commerce au cours des 30 Glorieuses et qui arrivaient à Jersey comme d’autres « pauvres » expédiés par des services sociaux), les logements si différents suivant les employeurs, des jeunes de 16 ans venus pour la saison. Le samedi, je publiais un petit bulletin avec un mot de soutien moral, des nouvelles et des renseignements sur la Sécurité Sociale ou les Impôts à Jersey. « La Rue des Français » était bloquée à la circulation par la densité de la foule et j’y passais toute l’après-midi. Le dimanche était consacré aux célébrations liturgiques à la paroisse française ou dans les chapelles catholiques quand il y avait demande d’un groupe. Mais, je rendais visite aussi le matin soit dans les fermes, soit dans les « cafés » aux heures d’ouverture.
    C’était un travail pastoral, très diversifié, très concret mais qui m’a fait connaître de nombreux compatriotes avec lesquels je suis resté en relation. Beaucoup, avec le fruit de leur travail, les progrès de la décentralisation en Bretagne y sont revenus définitivement; quelques-uns dans des conditions difficiles, une autre occasion d’être présent si possible.
    Je garde un excellent souvenir de ce temps passé dans ce ministère.
    En 1974, l’émigration bretonne touchait à sa fin et les Portugais (de l’Ile de Madère surtout) prenaient place dans les champs: une émigration jeune et chantante…
    J’avais pris la suite de prêtres catholiques du diocèse de Saint Brieuc. J’ai seulement quelques aspects de leur présence qui avait lieu en mai, juin et début juillet pendant la période de la pomme de terre.
    J’ai eu peu de contacts avec les Eglises anglicane, méthodistes et réformées de l’île, une fois lors d’une journée oecuménique: c’était très sympathique mais un peu protocolaire. J’ai aussi rencontré des employeurs lors de mes visites dans les fermes , contacts sympathiques simples en général mais très brefs, d’autres plus musclés quand ils faisaient grief aux Bretons de leurs penchants pour la boisson et auxquels la réplique était facile : le logement donné pour certains (pas tous) ou les difficultés pour la nourriture.
    J’entretenais de relations suivies avec les syndiacts agricoles et ouvriers: ce sont eux qui élaboraient les salaires et les conditions de travail mais cela n’avaient pas grande influence. J’ai découvert à partir de ces séjours ce qu’est être un étranger dans un pays du Commenwealth tout proche de nos rivages.
    Abbé Herménégilde Cadouellan, prêtre catholique du diocèse de Vannes.

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